Test et avis du DMNO d’UDO : comment obtenir le son fat Domino ?

UDO surprend encore avec le DMNO, un synthé compact qui reprend l’esprit des modules classiques tout en ajoutant un large écran VFD et une ergonomie enrichie. Ce nouvel appareil garde l’identité sonore de la marque, mêlant oscillateurs FPGA et filtres analogiques, et mise sur le jeu immédiat grâce à de nombreuses commandes directes. Entre polyphonie, traitement stéréo binaural et connectique moderne, ce test décortique ce que ce synthétiseur apporte aux musiciens et aux producteurs.

Que change l’écran VFD et la disposition des commandes ?

La façade du DMNO privilégie l’accès direct aux paramètres avec une foule de potards, curseurs et commutateurs. L’ajout d’un écran VFD change profondément l’expérience en affichant noms de programmes, routages de modulation et paramètres système.

Le châssis métallique, proposé en blanc ou anthracite, évoque certains modules classiques mais propose une construction plus compacte et plus légère. Vous trouverez sur le panneau une organisation claire : mix, mémoires et deux blocs de synthèse côte à côte.

Le synthé offre beaucoup de contrôles physiques : 45 encodeurs, 19 curseurs verticaux et une vingtaine de boutons poussoirs. Cette profusion facilite l’exploration sonore sans plonger systématiquement dans des menus.

Quel clavier et quelles connexions pour le DMNO ?

Le DMNO embarque un clavier Fatar TP/9 de 44 touches avec vélocité et aftertouch mono, un choix compact mais paradoxal vu l’architecture bitimbrale. La section de modulation temps réel voisine le clavier et permet transpose, portamento, LFO2 et joystick assignable aux synthés.

La connectique arrière se montre généreuse : sorties stéréo, entrées stéréo avec suiveur d’enveloppe, sorties CV/Gate, pédales assignables, port MIDI DIN, USB-B et prise casque. L’USB propose une interface audio 24 bits class compliant et la transmission MIDI, mais le MIDI DIN et USB ne fonctionnent pas simultanément. Alimentation interne via prise IEC simplifie le branchement en studio ou sur scène.

Quel rendu sonore peut-on attendre du DMNO ?

Le DMNO délivre un son puissant, propre et particulièrement large en stéréo. Les textures binaurales avec déphasages modulés créent des nappes immersives tandis que les sons mono conservent punch et présence.

La machine sait générer des ambiances planantes, des basses bien présentes et des leads percutants. La section d’effets améliore le rendu et participe à la richesse des timbres.

À noter la limite de mémoire : 128 performances et 128 programmes, suffisantes pour une utilisation personnelle mais vite contraignantes en production intensive. La polyphonie de 8 voix peut également chuter rapidement selon les couches stéréo ou doubles sons.

Comment sont organisés les deux synthés internes et les oscillateurs ?

Le DMNO contient en fait deux synthés polyphoniques qui peuvent être combinés selon huit modes : Single, Dual, Split, One-Two, Cycle, Random, Chaos et Serial. Chaque synthé se comporte comme un petit domino dans la matrice sonore.

Chaque voix intègre deux oscillateurs numériques sans aliasing générés par FPGA, un VCF stéréo et un VCA. Les oscillateurs proposent six formes classiques et 32 ondes alternatives importables.

Vous avez à disposition des options avancées : cross modulation, synchronisation d’oscillateurs, accord fin au centième et variation d’onde progressive via le réglage PW/Wave. Ces fonctions ouvrent une large palette de timbres, du métal brut aux textures organiques.

Le routage de modulation en façade permet d’affecter facilement PWM, pitch et autres paramètres. En mode binau­ral, les voix se regroupent par paire et subissent des LFO déphasés pour créer de larges déplacements stéréo, au prix d’une réduction de la polyphonie.

Quels filtres et options de modulation sont disponibles ?

Le signal passe dans un VCF 4 pôles stéréo basé sur OTA, configurable en stéréo, parallèle ou série. Le synthé propose plus d’une vingtaine de combinaisons de filtres : passe-bas, passe-haut, passe-bande, passe-tout et décalages de phase avec pentes variables.

Le contrôle de coupure est complété par un potentiomètre d’écartement des deux filtres, idéal pour créer formants et pics jumeaux. La résonance peut atteindre l’auto-oscillation selon la configuration choisie.

La modulation repose sur deux LFO, trois enveloppes et une matrice 10 sources vers 15 destinations. Le LFO1 propose des modes haute fréquence et un réglage de phase crucial en mode binaural. Quelques éléments restent perfectibles, notamment l’absence de courbes de vélocité et de pression pour affiner l’expressivité.

Caractéristique Valeur
Polyphonie 8 voix (configurations stéréo/mono variables)
Clavier Fatar TP/9, 44 touches, vélocité, aftertouch mono
Oscillateurs 2 par voix, FPGA, 6 ondes classiques + 32 ondes importables
Filtres VCF 4 pôles stéréo multimode, nombreuses combinaisons
Mémoires 128 performances, 128 programmes
Connectique USB audio class compliant, MIDI DIN, sorties stéréo, CV/Gate, entrées externes

Quelles possibilités d’import d’ondes et de modulation matrice existantes ?

Le DMNO accepte 32 formes d’ondes statiques chargées via USB au format WD4. La mémoire est livrée avec banques spectrales pour cloches, EP et résonances, mais la création d’ondes demande un pré-traitement avec des outils externes.

Les ondes doivent respecter un cycle unique normalisé et des contraintes de bande passante, ce qui impose un peu de préparation. UDO pourrait compléter l’écosystème avec un éditeur officiel pour simplifier cette étape.

La matrice propose 7 slots modulaires reliant 10 sources à 15 destinations. Les sources incluent LFO, enveloppes, vélocité, pression et suiveur d’enveloppe. Les possibilités de routage sont solides et profitent grandement à l’écran VFD pour une édition lisible.

Que vaut la section effets et l’arpégiateur ?

La section effets repose sur un DSP 32 bits et propose trois insertions en série et deux ambiances en parallèle, avec traitement séparé par couche sauf la réverbération partagée. Les inserts regroupent distorsion, chorus et EQ tandis que l’ambiance combine délai stéréo et réverbe large bande.

L’arpégiateur est indépendant par synthé et propose des motifs basiques, transposition sur 1 à 4 octaves, swing et fonction Hold. Le dispositif reste simple et quelques fonctions promises dans la documentation initiale ont évolué depuis le lancement.

Quels manques et améliorations futures peut-on attendre ?

Quelques limitations apparaissent comme l’absence d’un séquenceur intégré à ce stade et la non-transmission des notes arpéggées via MIDI. L’équipe UDO a indiqué travailler sur des mises à jour logicielles pour enrichir la liste des filtres et ajouter des fonctions.

La mémoire et la polyphonie peuvent devenir contraignantes pour des setups exigeants. Un modèle plus grand avec 16 voix et un clavier 5 octaves poly-aftertouch serait logique pour tirer pleinement parti des capacités binaurales et stéréo du moteur sonore.

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