Test BMX Behringer : avis, fiabilité et vaut-il le coup ?

Behringer relance les débats en revisitant une légende des années 80 et en proposant la BMX, une boîte à rythmes inspirée de l’Oberheim DMX mais modernisée avec des capacités d’échantillonnage. Ce nouveau matériel convoque la mémoire des sons 8 bits si prisés à l’époque tout en cherchant à offrir une ergonomie contemporaine. Entre fidélité historique et ajustements pratiques, la BMX interroge les producteurs et les live performers soucieux du grain et de la flexibilité.

Quelle est la genèse de la DMX et pourquoi Behringer la reproduit-elle?

Début des années 80, Tom Oberheim propose la DMX comme réponse accessible à la LM-1 de Roger Linn. Cette BAR a marqué son époque par un son 8 bits très distinctif et une approche modulaire des sons via des cartes et des Eprom. La machine a laissé une empreinte dans de nombreux tubes et dans l’histoire du hip-hop et de la new wave.

Behringer s’est attaqué d’abord à la LinnDrum, puis a choisi la DMX pour compléter sa série de clones vintage. Les objectifs semblent doubles : rendre hommage au son original et offrir aujourd’hui une unité pratique, avec échantillonnage intégré, pour un public large. La démarche soulève des questions sur l’équilibre entre authenticité sonore et améliorations fonctionnelles.

La BMX reprend-elle l’architecture originale de la DMX?

La BMX reproduit l’architecture de la DMX sur plusieurs points structurants, notamment la logique de voix partagées et le principe de trois sons par voix. Le résultat conserve des limites historiques comme le fait que l’on ne peut pas déclencher simultanément les trois pads d’une même voix. Ce choix préserve l’ADN sonore mais impose des contraintes de mixage et de routage.

Le routage global relie le panoramique, le volume et l’envoi aux effets aux ensembles de trois sons, ce qui empêche des traitements individuels fins. Malgré cela, l’interface propose des réglages par pad pour compenser partiellement ces verrous. Vous sentirez que l’approche vise clairement l’authenticité plutôt que l’ouverture totale.

Sur la connectique, la BMX s’en sort bien avec sorties stéréo, sorties individuelles pour chaque voix, entrée sampling mono, sorties trigger assignables, MIDI DIN et USB-B pour transfert de samples et contrôle. L’ensemble répond aux besoins live et studio, mais la robustesse physique des prises pourrait déplaire aux routings intensifs.

Quel rendu sonore la BMX propose-t-elle face à la DMX et à la LmDrum?

La BMX présente un jeu de samples qui rappelle la palette des machines Oberheim originales, avec des sons percussifs très « punchy ». Le timbre général tend vers une définition plus brillante que celui de la LmDrum, parfois au détriment d’un équilibre tonal plus posé. Les kits d’usine livrent 121 sons couvrant des percussions classiques et exotiques ainsi que quelques emprunts parfois difficiles à identifier.

Comparée à une DMX d’origine révisée, la BMX tient la corde sur la fidélité des attaques et des caractères. À l’écoute d’un groove « out of the box », cependant, la véritable DMX se montre souvent plus aérée et plus massive dans la projection sonore. Les motifs fournis sur la BMX servent surtout d’exemples et d’espace de sauvegarde pour vos propres créations.

Critère Oberheim DMX Behringer BMX LmDrum
Grain 8 bits, chaud et punchy Punchy, plus brillant Sombre et plus équilibré
Polyphonie / voix 8 voix, 3 sons/voix 8 voix, 3 sons/voix Architecture différente, plus flexible
Échantillonnage Remplacement Eprom (matériel) Échantillonneur 12 bits/24 kHz intégré Échantillonnage et traitements modernes
Connexions Sorties individuelles possibles Sorties stéréo, sorties individuelles, MIDI, USB Sorties pro, MIDI, USB

Comment fonctionne l’échantillonneur embarqué et quelles sont ses limites?

La BMX intègre un échantillonneur mono 12 bits à 24 kHz, orienté percussion et phrases courtes. La mémoire totale utilisateur plafonne à environ 14,5 Mo, soit environ 5 minutes d’audio en 12 bits, ce qui impose une gestion prudente des banques et des assignments. Les imports WAV suivent une limite stricte de 682 Ko par sample.

Les fonctions d’édition incluent ajustement du point de départ, de la longueur et des bouclages non destructifs, ainsi qu’un réglage d’accordage fin sur ±24 demi-tons. Un réducteur de bits accessible par menu permet d’aller jusqu’à 1 bit pour « salir » les sons et retrouver des textures lo-fi. Par contre, l’export des samples d’usine reste verrouillé et certaines sauvegardes peuvent être lentes.

Quelles possibilités rythmique et de séquençage la BMX offre-t-elle?

Le séquenceur de la BMX s’organise en Songs et Patterns, avec un système de polymétrie qui autorise des longueurs indépendantes par piste. Chaque motif peut aller de 1 à 64 pas, ce qui ouvre des textures complexes et des boucles évolutives très créatives. Les fonctions de probabilité et de lecture aléatoire par pas ajoutent du vivant aux séquences.

La machine propose un pas-à-pas pratique et l’enregistrement temps réel via les pads, ainsi que des ratchets et des fills instantanés pour jouer en direct. Hélas, la vélocité n’est pas mémorisée dans le séquenceur interne et l’automation des paramètres sonores fait défaut, si l’on excepte l’enregistrement de la fréquence du filtre par pas.

Quelles connexions, quels effets et quelle valeur en situation live?

La BMX offre une connectique complète pour la scène et le studio : sorties stéréo, prises casque, sorties individuelles jack 6,35 mm pour chaque voix, entrées triggers assignables, MIDI DIN et USB pour notes, CC, synchro et transfert de samples. L’alimentation se fait via un bloc 12V/2A et un interrupteur poussoir discret, mais la finition des prises pourrait mériter plus de robustesse.

Sur le plan du traitement sonore, la machine intègre deux blocs analogiques stéréo en série. Le premier agit comme enveloppe dynamique permettant des effets de pompage. Le second est un VCF résonant deux pôles en passe-bas ou passe-haut, avec pilotage MIDI possible de la coupure. Ces éléments renforcent la capacité de modelage sans dénaturer le caractère original.

  • Points forts : grain vintage, ergonomie claire, sampler intégré.
  • Points faibles : architecture voicing héritée, sauvegardes restrictives, vélocité non mémorisée.

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